Phrases

7.1. Constatations

Les constatations sont la forme la plus simple de phrases. Elles peuvent ne se construire que d'un mot, ce qui attire l'attention de l'auditeur.

maw! – Un chat !
barxa! – (Il) pleut !

7.2. Phrases actives

7.2.1. Quand le sujet est un nom ou un pronom

Une phrase est normalement composée d'un sujet et d'un prédicat. Dans les phrases les plus simples, le sujet est un nom ou un pronom et le prédicat est un adjectif ou un nom.

me bon. – Je vais bien. (= Je suis bon.)
le novi. – C'est nouveau.
le sarah. – C'est Sarah.
sarah bon. – Sarah va bien.
petre day. – La pierre est grosse.
meze novi. – La table est neuve.

The word no is added to form the negative.

me no bon. – Je ne vais pas bien. (= Je ne suis pas bon.)
le no novi. – Ce n'est pas nouveau.
le no sarah. – Ce n'est pas Sarah.

Il est possible d'ajouter le mot si (oui) avant le prédicat dans des phrases affirmatives, selon le style et la praticité. Dans ce cas la structure est similaire à celle des phrases négatives.

sarah si bon. – Sarah va bien.
petre si day. – La pierre est grosse.
meze si novi. – La table est neuve.
meze no law. – La table n'est pas vieille.

De plus, deux pronoms personnels peuvent être combinés avec si et no.

me si le. – Moi, c'est lui / elle.
me no te. – Je ne suis pas toi.

7.2.2. Quand le sujet est un adjectif

La même règle s'applique aussi pour deux adjectifs.

jowan si sundari. – (Être) jeune, c'est beau.
novi no purani. – Neuf, ce n'est pas vieux.

7.2.3. Quand le sujet est un verbe

Un verbe ne peut pas être sujet en tant que tel. Donc le verbe vient en premier, et on utilise ye pour introduire un commentaire sur le verbe.

canta, ye bon. – Chanter, c'est bon.

7.2.4. Être

Le pandunia n'a pas de verbe tel que "être" en français.

7.3. Phrases active

Une phrase active est une phrase dans laquelle le sujet fait une action marquée par le verbe envers l'objet. L'attention se focalise sur le sujet en tant qu'élément actif. L'ordre des mots correct est sujet – verbe – objet (SVO).

En pandunia, les verbes actifs sont faciles à identifier parce qu'ils se terminent tous en -a.

Les phrases suivantes utilisent l'ordre des mots de type SVO.

me niama aple. – Je mange des pommes.
me vida te. – Je te vois.

7.4. Phrases passives

Dans une phrase passive, l'attention se focalise sur le sujet qui reçoit ou subit l'action de manière passive. Donc l'objet de l'action est le sujet de la phrase. Souvent, le complément d'agent n'est pas mentionné du tout.

En pandunia, la voix passive est marquée par la terminaison en -u du verbe. L'ordre des mots est sujet - verbe - (objet en option) ou, plus précisément verbe - (agent en option).

te vidu. – Tu es vu.e.
musike audu. – De la musique est entendue.
pang beku. – Du pain est cuit.
kupe kaputu. – La tasse se brise. (La tasse est brisée.)

L'agent peut être introduit après le verbe à l'aide de la particule da, ou bien sans.

te vidu me. – Tu es vu.e par moi. te vidu da me. – Tu es vu.e par moi.

Il arrive parfois qu'un verbe passif soit traduit par un verbe actif en français. C'est parfois le cas de suku, qui signifie être plu par

me suku musike. – je suis ravi.e par la musique. / J'aime la musique.

7.6. Structure pivot

7.6.1. Structure pivot de base (SVOVO)

Dans une structure pivot, l'ordre des mots est : sujet – verbe 1 – objet 1 – verbe 2 – objet 2.

L'objet 1 possède un double rôle. Il est à la fois l'objet du verbe 1 et du sujet du verbe 2.

me wana te niama sabze. – Je veux tu manges légumes. (Je veux que tu manges des légumes.)

Dans l'exemple ci-dessus, me wana a pour objet te. En même temps, te fonctionne comme le sujet du prédicat suivant : niama sabze. Donc te est le pivot de la phrase entière.

7.7. Suite de verbes

Il peut y avoir deux ou trois verbes dans une suite, voire davantage, et ils portent tous sur le même sujet.

  1. me gowa dome. – Je vais à la maison.
  2. me abla gowa dome. – Je peux aller à la maison.
  3. me wana abla gowa dome. – Je veux pouvoir aller à la maison.

7.8. Omission des pronoms

Dans certains types de structures, les pronoms sont omis pour des raisons de brièveté. C'est particulièrement valable pour l'expression d'ordres et de demandes.

7.8.1. Structure pivot brève (VOVO)

me eska te baxa pandunia. – Je demande (si) tu parles pandunia.
eska te baxa pandunia? – Est-ce que tu parles pandunia ?

7.8.2. Short pivot structure (VVO)

me pliza te laya dome. – Je te prie de venir à la maison.
pliza laya dome! – S'il te plait viens à la maison ! (Mot à mot : Demande viens maison !)


8. Conjonctions

8.1. Conjonctions de base

  1. e et (connecte deux mots ou phrases semblables)
  2. o ou (connecte deux mots ou phrases alternatifs)
  3. a mais (introduit un mot ou une phrase qui vient en contraste ou en contradiction du mot ou de la phrase précédents)

me suku maw e waf. – J'aime les chats et les chiens.
me suku maw o waf. – J'aime les chats ou les chiens.
me suku maw a no waf. – J'aime les chats mais pas les chiens.


9. Particules

9.1. Affirmation et négation

9.1.1. Particule affirmative

La particule si est affirmative et la particule no est négative. si affirme l'existence de quelque chose, tandis que no la nie. En d'autres termes, si signifie être ou il y a et no signifie "ne pas être" ou "il n'y a pas".

Une expression est affirmative par défaut, donc le mot si n'est pas toujours nécessaire. Cependant elle est particulièrement utile pour exprimer l'état.

me si ren. – Je suis une personne.
le si novi meze. – C'est une nouvelle table.

9.1.2. Particule négative

La négation de phrases telles que ci-dessus s'exprime simplement par no.

me no ren. – Je ne suis pas une personne.
le no novi meze. – Ce n'est pas une nouvelle table.

Le mot no sert à marquer la négation de n'importe quel élément dans la phrase. Il affecte toujours le mot qui le suit. Le sens de la phrase change donc selon l'emplacement du no.

me vida te. – Je te vois.
me no vida te. – Je ne te vois pas.
me vida no te a lole. – Ce n'est pas toi que je vois, mais eux.

me pliza te safa kamar. – Je te demande de nettoyer la chambre.
me no pliza te safa kamar. – Je NE demande PAS à toi de nettoyer la chambre.
me pliza te no safa kamar. – Je te demande de NE PAS nettoyer la chambre.

Les particules si et no sont également utilisées pour répondre aux questions.

eska te vida me? – Est-ce que tu me voies ?
si. (me si vida te.) – Oui. (Je te vois bien.)
no. (me no vida te.) – Non. (Je ne te vois pas.)

On répond aux phrases interro-négatives de façon à ce que si et no s'appliquent au verbe, et non pas à la question entière.

eska te no vida me? – Ne me vois-tu pas ?
si. (me si vida te.) – Si. (Je te vois bien.)
no. (me no vida te.) – Non. (Je ne te vois pas.)

9.2. Particules modificatrices

Les particules du et da servent à relier un nom, un adjectif ou une proposition subordonnée à un autre nom pour le modifier. du relie le mot ou la proposition qui modifie au nom principal. da fonctionne de manière inverse, il connecte le nom principal au mot modificateur ou à la subordonnée.

9.2.1. Possession

La particule modificatrice peut être utilisée avec n'importe quel nom ou pronom.

En ce qui concerne la possession, la particule du fonctionne comme l'apostophe-s ('s) de l'anglais ou le (-s) de l'allemand. Elle indique que le mot qui la précède est en possession du mot qui la suit.

maria du mame – La mère de Maria (Maria's mother) maria du mame du dome – La maison de la mère de Maria (Maria's mother's house)

La particule da fonctionne comme "de" en français. Elle indique que le mot qui la suit est en possession du mot qui la précède.

mame da maria – la mère de Maria
dome da mame da maria – la maison de la mère de Maria

Il est également possible d'utiliser da et du avec des pronoms personnels. On peut donc dire par exemple :

dome da me (la maison à moi) mais il est préférable d'utiliser des adjectifs possessifs et de dire simplement mi dome (ma maison).

9.2.2. Modification par des groupes nominal

Une autre façon d'utiliser ces particules est de connecter un groupe nominal servant de complément au nom principal. Cela permet de préciser le nom, et la particule choisie montre clairement à quelle extrémité se trouve le nom principal.

Les particules modificatrices permettent ainsi de créer des groupes nominaux compléments complexes de deux mots ou davantage.

rozi rang du labe – des lèvres de couleur rose samani rang du kan – des yeux de la couleur du ciel

Ou dans l'ordre inverse :

labe da rozi rang – des lèvres de couleur rose
kan da samani rang – des yeux de la couleur du ciel

Ces particules permettent également de créer des mots-mesures.

un sake du patate – un sac de pommes de terre dul sake du patate – deux sacs de pommes de terre max sake du patate – plus / davantage de sacs de pommes de terre

Remarque : du and da connectent des propositions. Donc un groupe de mots peut prendre un sens tout à fait différent avec ou sans du.

max sundari fule – des fleurs plus belles
max du sundari fule – davantage de belles fleurs (de belles fleurs en plus grande quantité)

9.2.3. Modification par des propositions subordonnées (groupes verbaux)

On peut transformer des verbes et des groupes verbaux en plaçant da ou du juste à côté du verbe. Dans les subordonnées modificatrices, l'agent et l'objet se placent aux mêmes endroits que dans les phrases déclaratives.

Une phrase déclarative :
maw vidu me. – Un chat est vu par moi.

La subordonnée modificatrice correspondante :
maw da vidu me – le chat qui est vu par moi

Remarque : bien que da semble avoir ici un rôle semblable aux pronoms relatifs qui et que du français, ce n'est rien d'autre qu'une particule qui relie un modificateur (dans l'exemple ci-dessus : un groupe verbal) au mot modifié.

On peut utiliser l'ordre inverse des mots avec du et la terminaison -a du verbe.

Une phrase déclarative :
me vida maw. – Je vois un chat.

La subordonnée modificatrice correspondante :
me vida du maw – le chat que je vois

Faites très attention aux voyelles finales ! Elles sont cruciales pour comprendre le sens des phrases.

maw da vidu man – le chat qui est vu par l'homme
maw da vida man – le chat qui voit l'homme
maw vida du man – l'homme que le chat voit
maw vidu du man – l'homme par qui le chat est vu

Remarque : en pandunia, on peut utiliser beaucoup d'ordres de mots différents. C'est pourquoi certaines traductions semblent maladroites en français, bien que les phrases originales en pandunia soient parfaitement naturelles.

9.2.4. Modifications par des groupes de mots en adposition

Le nom modifié peut également faire partie d'une adposition.

me safara pa du site si teli. – Je voyage vers une ville qui est éloignée. (= Ma ville de destination est éloignée.)

Quand on place le nom modifié au début, il nous faut faire appel à des postpositions rarement utilisées par ailleurs. nu, cu, su, and pu.

site da pu me safara si teli. – La ville vers laquelle je voyage est éloignée. / Ma ville de destination est éloignée. yi kalam da su me zay kitaba si novi. – Ce crayon, avec lequel je suis en train d'écrire, est neuf.

9.3. Particules modales

Les particules modales indiquent ce à quoi le locuteur pense de ce qu'il/elle dit par rapport à l'auditeur. Les particules modales sont couramment utilisées dans de nombreuses langues. Des langues de l'Asie de l'Est, y compris le chinois et le japonais, utilisent en particulier des particules modales en fin de phrase.

En pandunia, une particule modale modifie le mot qui la suit, ou bien toute la phrase si cette particule est le dernier mot de la phrase.

La particule plus (aussi, également) en est un bon exemple car elle fonctionne plutôt comme en français.

le niama bir plus. – Elle boit de la bière, en plus.
le niama plus bir. – Elle boit de la bière aussi.
le plus niama bir. – Elle boit aussi de la bière.
plus le niama bir.Elle aussi boit de la bière.

Les particules modales peuvent modifier toutes sortes de mots, y compris des pronoms et des numéraux, ce que les adjectifs ne peuvent pas modifier.

9.4. Particules de temps et d'aspect

En pandunia, on peut exprimer le temps grammatical à l'aide de particules et expressions temporelles, si besoin. Les particules de temps générales sont pas (passé), zay (présent) et wil (future, avenir). Elles fonctionnent comme des adjectifs et des verbs, donc elles se placent généralement avant le verbe.

me pas tena maw. – J'avais des chats.
a me no zay tena maw. – Mais maintenant je n'ai plus de chats.
ablo me wil tena maw. – Peut-être que j'aurai des chats.

On peut aussi utiliser une expression temporelle telle que sa pase (dans le passé), etc.

me tena maw sa pase. – J'avais des chats dans le passé.
a me no tena maw sa zaye. – Mais je n'ai plus de chats à présent.
ablo me tena maw sa wile. – Peut-être aurai-je des chats à l'avenir.

Remarque : les verbes ne sont pas conjugués. Donc le verbe tena n'a pas été modifié, sa forme est restée la même à tous les temps dans les exemples ci-dessus.

Naturellement les indications temporelles ne servent que quand elles sont nécessaires. En principe il suffit de ne mentionner le temps qu'une seule fois au début du texte et non pas à chaque phrase, si le temps ne change pas.